Partager l'article ! enfouir.: Les livres sont comme les villes. Ils se construisent sur des ruines, vestiges sur vestiges, on recouvre ce que l’on ne veut plus, ...
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La lunette et le sabre. |
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Nous avons marché sur le monde et au dessus. Nous avons marché sur le monde et au dessous. Nous n’avons pas trouvé ce que nous cherchions. Nous ne
savions pas ce que nous cherchions. » |
Les livres sont comme les villes. Ils se construisent sur des ruines, vestiges sur vestiges, on recouvre ce que l’on ne veut plus, où on prend ce qui peut encore servir avant de l’oublier.
Les pages s’entassent les unes sur les autres….des couches de débris, des alluvions… ce qui fut la pensée, ce qui fut la vie même…
Chaque siècle consomme ses villes, qu’il bouscule et bascule dans les ténèbres. Les pioches, les pelles abattent et enfouissent et puis on reconstruit, on appuie les fondations sur les vestiges.
Mettre des pierres sur des poitrines.
Parfois, un coup de pioche dégage une ouverture, un tunnel qui sent la poussière et l’eau endormie…les torches éclairent ce qui n’était plus visible et l’effroi ou la stupeur pénètre les regards. Des voûtes anciennes, des fenêtres comblées, des escaliers perdus dans l’eau, des rues entières, des chapelles au chœur gonflé de pierres et d’ordures.
Ce qu’on avait enfoui nous revient, et ce corps momifié par l’oubli nous répugne.
On entasse la poésie dans nos cœurs vivants pour qu’ils se taisent.
On entend seulement ce qui est visible, ce fauve sur une montagne d’os… un livre, comme une ville, comme une femme couchée sur un ossuaire.
Photo : M. Gerardin
Juste dire que "la lunette et le sabre" offre à la lecture :
- des bribes, des extraits qui seraient plutôt lisibles (le sont ils ?) dans ce qu'il est commun d'appeler, des articles.
- des écrits entiers, ou des travaux en cours, dans ce que l'on dénomme, des pages.
Bien sûr, tous ces textes ont été écrits par quelqu'un, et toutes les photos ont un auteur.
Je salue d'ailleurs au passage, mon camarade d'aventure, celui qui marcha avec Basic Nepoti, sur les sables de Mars.
Basic.
Photo M Gerardin